Un régime totalitaire...

Une idéologie...


Le monument de la fondation du parti des travailleurs   Le Juche est l’idéologie développée par l’ancien président de la Corée du Nord, Kim Il-sung. C’est la base du régime de la République populaire démocratique de ce pays. Elle guide les activités du Parti du travail de Corée, seul et unique parti politique représenté en Corée du Nord. Cette idéologie règle, sans qu’il le sache, le destin de chaque citoyen.

   Ci-contre, le monument de la fondation du parti des travailleurs.

 

  

   Au lendemain de la Guerre de Corée L'armée(1950-1953), Kim Il-sung commence à bâtir sa puissante dictature. Il élimine un à un les cadres du parti du travail coréen et instaure peu à peu l’idéologie Juche. Le dictateur s’inspire du communisme et des idées marxistes-léninistes qui prônent une société sans classes. Le Juche repose également sur le principe d'indépendance politique, d'autosuffisance économique et d'autonomie militaire. Cette idéologie a pour but la réunification avec la Corée du Sud, selon le discours officiel du Nord.

Ci-dessus, photo d'un défilé de l'armée nord-coréenne

 

   Le pays éprouve des difficultés pour l'autosuffisance alimentaire. L’autonomie militaire est elle aussi bien assurée , tandis que les pourparlers entre le Nord et le Sud continuent depuis de nombreuses années sans qu'aucun accord ne soit trouvé. Bien que l'idéologie soit inspirée du communisme, le régime ne suit pas tout ses principes. Kim Il-sung a organisé la société de manière à en avoir le contrôle total: chaque Nord-coréen est recensé, puis classé dans une des trois grandes classes de la société.

  La Tour de Juche La première est la classe des « masses du noyau central ». Elle est constituée des héros du peuple, de leurs familles, vivant dans la capitale. La seconde classe sociale est celle des « masses extérieures au noyau » regroupant les personnes sans intérêt pour le régime: paysans, ouvriers…  c’est l’appartenance sociale la plus répandue en Corée du Nord. La dernière classe, les « masses mélangées » regroupe les personnes exclues comme les réprouvés de campagne politique ou encore les familles de ceux qui ont fuient le pays. Ces exclus n’ont pas le droit d’occuper Pyongyang.

  

   L’idéologie Juche est donc « une nouvelle idéologie révolutionnaire originale », d’où découle la politique de Songun, qui donne la priorité à l’armée.

   En l’honneur de l’idéologie et du soixante-dixième anniversaire du président Kim Il-sung, la tour du Juche a été érigée à Pyongyang, ci-contre.




 

...impliquant une propagande poussée à son paroxysme...

   La propagande telle que nous la connaissons est apparue au début du vingtième siècle avec l'arrivée d'un nouveau système politique, s'ajoutant à la démocratie et l'autoritarisme, le totalitarisme. Ce dernier se différencie d'une dictature ordinaire par le fait d'inculquer une idéologie obligatoire à son peuple.

   Comme tous les régimes totalitaires, l’encadrement de l’individu passe par une propagande omniprésente qui utilise tous les moyens possibles pour embrigader le peuple nord-coréen. La propagande en Corée du nord est basée sur plusieurs points: il y a un total contrôle de tout ce qui concerne les médias, un gouvernement qui réalise de grandes manifestations publiques, une utilisation de l’architecture à la gloire du parti et enfin l’indispensable culte de la personnalité que la dynastie Kim maîtrise à la perfection.



Kim il sung

     I/ Les médias

   Les médias n’ont aucune liberté, tout est contrôlé. Commençons par la télévision.

   La première chaîne, Télévision Centrale Coréenne apparue en 1963, est la chaîne principale. Elle émane du Ministère de la Propagande et de l'Information. Cette chaîne généraliste accorde un soin particulié au culte de la personnalité des différents dirigeants nord-coréens et plus particulièrement au leader du parti du travail. La chaîne est active uniquement de 17h à 22h30, sauf le dimanche où le journal dure de 9h à 22h30 ainsi que pour les grands évènements comme la mort de Kim Il-sung et celle de Kim Jong-il. La prise d’antenne est très marquée par l’idéologie Juche: les premières images diffusées sont celle du mont Paektu, montagne sacrée propre au culte de Kim Jong-il, puis l’hymne national est entonné. Pendant le direct un journal télévisuel passe et les premiers mots des journalistes sont « Grand leader camarade Kim ». S’en suit l’activité des dirigeants, les faits d’armes du parti ainsi que des clips patriotiques, le tout toujours à la gloire du partie.

   En 1971, la chaîne unique est rejointe par un second canal baptisé Kaesong TV, lequel devient la Télévision Éducative et Culturelle Coréenne en 1997, il est consacré à la jeunesse. Une troisième chaîne de télévision voit le jour en 1973 : Mansudae TV, une chaîne diffusant des programmes consacrés à l'art, au sport et à la technologie.

   Ce sont les seules chaînes que les Nord-coréens ont le droit de voir et seuls eux peuvent les voir. En novembre 2013, quatre-vingt personnes ont été exécutées pour avoir regardé des programmes sud-coréens grâce a des DVD clandestins.

 

   Le média le plus utilisé dans le monde est Internet. En Corée du nord, Internet n’existe pas et pour les Nord-coréens, le fait de l’existence d’Internet ne tient que du domaine de la rumeur.

   Mais le gouvernement a mis en place un intranet ultra contrôlé, mais son accès est restreint: il compte une boîte de réception d'e-mails, quelques sites d'informations relayant la propagande du régime et un navigateur qui donne accès aux pages web des banques de données des trois plus grandes bibliothèques du pays. La présence très minime de la Corée du Nord sur la Toile est entièrement dédiée aux louanges de Kim Jong-un, de son père Kim Jong-il et de son grand père, le président éternel Kim Il-sung, ainsi qu’à l'idéologie d'autosuffisance prônée par le régime.

   Cet intranet n'est accessible qu'à des universitaires, des hommes d'affaires et des hauts fonctionnaires qui ont obtenu une autorisation spéciale.

 

   Nous pouvons dénombrer dix-sept stations de radio en Corée du Nord, qui passent les actualités du régime ainsi que de la musique et des chants à la gloire du régime. Et comme pour la télévision, il est strictement interdit d’écouter la radio étrangère, des centaines de personnes sont emprisonnées pour avoir écouté la radio étrangère.

 

   Le cinéma est très présent en Corée du Nord. Kim Jong-il comprit très vite l’intérêt de faire du cinéma un élément de propagande. En effet, à partir de 1967, Kim Jong-il, amateur d’arts et plus particulièrement de cinéma, commença à faire réaliser des longs et courts métrages à la gloire du parti. Plutôt mécontent de la qualité des films produits, il décide d’enlever le réalisateur le plus en vogue au Sud Shin Sang-ok. Ce dernier produira de force nombre de films avant qu’il n’obtienne l’asile politique aux Etats-Unis. Le régime traite de sujets où les Nord-coréens peuvent se retrouver, comme par exemple, mettre en valeur les héros cachés qu'ils ont en eux, dont il faut suivre l'exemple : ce sont des personnages anonymes de la vie quotidienne qui se sont dévoués à leur patrie et au socialisme, notamment dans les années d'après-guerre.

   La Corée du Nord compte aujourd’hui plus de cinq cent écrans, et aujourd’hui plus de cinq longs métrages de propagande sortent chaque année des studios de Pyongyang.

 

   Et enfin pour clore la page des médias nous allons parler des affiches de propagande. De grands panneaux se dressent partout à Pyongyang et même dans les environs de la capitale. Ces affiches montrent des paysans heureux, des tables pleines de victuailles, une économie en plein essor, des technologies derniers cris. En plus de montrer un peuple heureux, ces panneaux montrent la puissance du parti, de l'idéologie Juche ainsi que du cher Leader. Enfin, ils montrent la haine envers le capitalisme et les américains.

 

   En somme, tous les médias sont intégralement contrôlés par le régime, et l'endoctrinement des Nord-coréens est inévitable, ils ne peuvent rien connaître de l'extérieur et tout ce qui filtre des médias montre une population heureuse, un parti et un chef  merveilleux, prônant le Juche ennemi du capitalisme et du "chien" américain.


      II/ Grandes manifestations et cérémonies collectives


   Comme Hitler pouvait le faire au congrès de Nuremberg, chaque pays totalitaire se doit d'avoir une grosse armée. En Corée du nord cinquante personnes sur mille travaillent pour l'armée soit plus d'un million d'actifs et près de huit millions de réservistes, ce qui en fait l'armée la plus importante du monde par nombre d'habitants.

L'armée

De grandes manifestations, défilés sont organisés pour différents évènements comme l'anniversaire du pays, du leader ou encore pour d'autres raisons, tout est bon pour montrer sa puissance. Les armes sont fièrement exposées, tank, canons, avions, hélicoptères, mais le plus impressionnant reste les soldats. Leur parade ressemble plus à de la danse qu'à un défilé conventionnel tant la synchronisation du pas est impressionnante. Ci-contre, photographie d'un défilé sur la place Kim Il-sung.

   Ces défilés ne servent pas uniquement à montrer au monde la puissance du pays au monde entier, mais à bien inculquer au Nord-coréens, qui sont forcés à voir ces défilés, que la Corée du Nord est bien le pays le plus puissant du monde, même s'ils ne connaissent finalement que peu de choses voire rien de ce monde.

Stade du 1er Mai

   En plus de manifestations de l'armée pour montrer leur puissance, des représentations d'art  montrent l'élégance d'un pays qui ne souffre pas. Le plus grand stade du monde (ci-contre), qui peut accueillir plus de cent cinquante mille personnes ne sert que peu souvent à des fins sportives. En effet, des spectacles sont organisés, où sont conviés les habitants de Pyongyang. Des milliers d'enfants, d'hommes de femmes, réalisent des chorégraphies avec une harmonie des plus parfaites, contant des scènes de la vie quotidienne, prônant sa patrie et son leader.

 

   Ces manifestations publiques servent donc d'un parfait moyen de communication pour le régime, pour se montrer aux yeux du monde, mais encore plus, pour s'exposer devant son peuple comme le plus beau, le plus fort.


      III/ Utilisation de l'art.

   Se montrer aux yeux du monde, pour démontrer à son peuple la puissance de la Corée du Nord, tel est l'objectif des constructions mêlant le gigantisme à l'absurde.

   La place Kim Il-sung, outil de propagande par son nom, est une place monumentale de soixante quinze mille mètres carrés pouvant accueillir plus de cent mille personnes, où se déroulent les défilés.

L   Ci-contre, l’Arc de Triomphe Kim Il-sung commémore la résistance de la Corée aux envahisseurs japonais de 1925 à 1945. Il a été inspiré par l’Arc de Triomphe parisien. Dévoilé en 1982, il est le plus grand arc de triomphe du monde  avec ses soixante mètres de haut et cinquante de large.

   La tour du Juche, officiellement monument aux Idées du Juche, est une tour haute de cent soixante mètres érigée à Pyongyang, en l'honneur de l'idéologie Juche.

L   A gauche, larche de la Réunification se trouve dans la capitale Pyongyang et a été achevée en 2001. La statue est censée symboliser la rencontre du Nord et du Sud de la Corée dans une réunion nationale.

   Après ces monuments de propagande, l’absurde intervient avec deux prodigieuses constructions.

   Le stade du 1er Mai, inauguré en 1989 sur une île au centre de Pyongyang, il a un usage sportif, notamment pour le football. Le football en Corée du nord est le sport le plus pratiqué dans le pays, ils sont notamment arrivé en quart de final de la coupe du monde en 1966, et ont également participé à la dernière coupe du monde. Mais à chaque fois la propagande est passée par là et les joueurs ont connu des fins diverses jusqu’aux travaux forcés. Il a également l’usage de lieu de manifestations et de spectacles, car il s’agit tous simplement du plus grand stade du monde, avec cent cinquante mille places.

   Ryugyong HotelMais la construction la plus absurde, qui correspond tout à fait au régime, est le Ryugyong hôtel, ci-contre. Sa construction a débuté en pleine guerre froide en 1987, il devait être à l’époque le plus haut hôtel du monde. Mais en 1992 lors de la dislocation de l’URSS les fonds viennent à manquer et la construction est arrêtée. Le régime va alors nier son existence par le biais de photomontages. La construction reprend en 2008 et prend fin en 2012 année du centenaire de la naissance du président éternel Kim Il-sung. La tour atteint alors une hauteur de trois cent trente mètres, l’intérieur quant à lui accueille des bureaux mais seulement sur un petit nombre d’étages le reste restant vide.


      IV/ Culte de la personnalité

    Comme tout totalitarisme la Corée du Nord est donc menée par un parti unique, le parti du travail. A toute dictature il faut un leader et ce leader est mis au pouvoir en 1948 par Staline, c’est Kim Il-sung. Ce dernier va créer un culte de sa personnalité imitant son modèle soviétique. Culte de la personnalité basé sur l’adulation du peuple pour son chef, des portraits à son effigie ornent tous les bâtiments officiels, et un dans chaque propriété privée des Nord-coréens. Il fait l’objet de nombre de chansons que tous les enfants doivent apprendre par cœur. Enfin, à chaque début de journée, les Nord-coréens doivent se prosterner devant son portrait. Quarante-six ans après son arrivée au pouvoir, plus de la moitié de la population est née sous le régime et ne connaissent  rien d’autre que sa propagande. Le paroxysme de  cette soumission intervient le 8 juillet 1994, des milliers de fidèles pleurant la mort de leur grand leader une scène absurde complètement théâtralisée. Elevé par la suite au nom de « Président éternel » ou « professeur de l'humanité toute entière », comme un dieu, Kim Il-sung n’est pas vraiment mort et son culte quotidien perdure.

   Mais c’est bien son fils qui créa le culte de la personnalité le plus marquant. Toujours présent derrière son père dans sa jeunesse, Kim Jong-il arrive au pouvoir à déjà cinquante ans, la famille Kim devenant alors la première dynastie communiste de l’Histoire.

   Pour bâtir cette dynastie, Kim Jong-il va s’inventer une légende divine. Ce mensonge commence dès sa naissance, naît au mont Paektu avec une apparition divine. Il est né en réalité dans un camp de rescapés en URSS où son père est entraîné. Tous à son propos est ainsi modifié comme par exemple il pourrait battre aisément Tiger Woods au golf, ou serait un virtuose de piano et de violon, il aurait appris à marcher à trois semaines et enfin, il aurait parlé à huit semaines. Ces mensonges plus ridicules les uns des autres, deviennent à force de les répéter une forme de réalité en lui, accentuant sa folie. Cette folie se retrouve chez les Nord-coréens lorsque le 17 décembre 2011, le guide suprême décède d’une crise cardiaque. Comme pour son père les habitants mêlent le comique et le tragique lorsqu’ils se déchaînent, pleurant la mort de leur demi-dieu.

   Mais la dynastie et le régime ne prend pas fin, en effet comme Kim Il-sung avait mis en avant son fils pour sa succession, Kim Jong-il désigna au préalable son fils cadet le jeune Kim Jong-un comme son successeur.

   A à peine 30 ans, Kim Jong-un arrive au pouvoir et dans la lignée de ses ancêtres, il perpétue la propagande mise en place, et se montre même encore plus dur que son père, en exécutant son oncle Jang Song Thaek, éliminant dans le même temps toute forme d’opposition. 

   Dans le quotidien des Nord-coréens, cela se traduit par des prosternations devant les portraits du leader et des ses prédécesseurs, des remerciements au moment des « rares » repas. Des témoignages de rescapé nous disent qu’ils apprennent à dire merci cher leader en même temps que maman et papa.


   La propagande nord-coréenne nous apparaît comme totalement absurde et irréelle, mais celle-ci marche merveilleusement bien. Grâce à une propagande déjà vieille de plus six décennies, une population toute entière est endoctrinée, soumise. En effet la très grande majorité de la population n’a connue que cette propagande, ils ne connaissent rien d’autre. Toutes les personnes sont formatées, la mesure est obtenue l’homme nouveau est créé.




 

... qui prive sa population de liberté pour éliminer toute forme d'insurection

   Le docteur Vollertsen travaillant en Corée du Nord pour une Organisation Non Gouvernementale médicale a été expulsé, après dix-huit mois passés au pays du dictateur Kim Jong-il pour avoir dévoilé des « quartiers interdits » de la capitale. Il témoigne de son séjour dans ce pays en ruines que la famine a ravagé entre 1994 et 1998 mais qui continue encore aujourd’hui. Une famine qui a tué plus de cinq pourcents de la population, selon certaines ONG.

Coree nord famine 1995 1997 1   Pendant cette famine, de 1994 à 1998, les Nord-coréens consacraient toute leur énergie et leurs temps  à trouver de la nourriture. Les plus vulnérables n’avaient aucune chance de survivre, comme les enfants, les personnes âgées ou encore, les handicapés . De nombreux enfants après la mort de leurs parents étaient contraints de vivre dans la rue, Kim Hyuk était un de ces enfants. Il  mendiait ou volait pour survivre « Quand j'ai commencé cette vie, les gens nous donnaient à manger. Ça a changé avec la famine. » .Beaucoup d’enfants comme Kim mourraient. Des équipes de police ramassaient les survivants pour les envoyer dans des orphelinats où ils mourraient mais à l’abri des regards. Sur les soixante quinze enfants pensionnaires, vingt quatre sont morts raconte Kim, qui lui, y est resté 3 ans.

   Ci-dessus, photo d'enfants Nord-coréens victimes de la famine.

   Après ces nombreuses années de graves famines, les conditions de vie à Pyongyang semblent s'être améliorées au cours ces dernières années. Néanmoins, les conditions de vie sont toujours déplorables. Les immeubles sont mal isolés, mal chauffés, mal entretenus : "Lorsque la température descendait trop bas on faisait un feu au milieu de l'appartement pour se réchauffer" à déclaré une ancienne habitante de Pyongyang. Les logements des réfugiés Nord-coréens présents en Corée du Sud semblaient à leur arrivée des palaces, car de l'autre coté de la frontière, les ascenseurs sont en panne et à la nuit tombée, l'électricité déjà peu présente la journée semble coupée (comme en témoigne la photo satellite de la Corée du Nord de nuit). A l’intérieur de la capitale seules quelques voitures circulent, celles des membres du parti ou celles des personnes accréditées. Le reste du temps, les rues sont vides. Dans les campagnes «la situation est toujours la même qu'avant et parfois elle est même pire». C’est pourquoi, le docteur Vollertsen accuse la Corée du Nord de manipuler les informations relatives à cette crise dans le but d'obtenir encore plus d'aides internationales. Cependant, personne ne sait où va vraiment cet argent. En tout cas, elle ne sert pas à aider les plus pauvres qui sont nombreux dans ce pays.

   Le témoignage du médecin confirme les dires sur leLa nuit quotidien dans ce pays. «Les arrestations et détentions arbitraires sont monnaie courante. Les gens ont très peur», a-t-il déclaré. «La torture est une pratique étendue pour préserver l'absence de toute opposition, [...] l'oppression exercée par les forces de police saute aux yeux» ajouta-t-il. Le recours permanent à «l'espionnage, la filature, les écoutes et la censure du courrier» conduisent à une déprime générale de la population, témoigne-t-il. La peur entraînant le mal-être, «Il y a beaucoup de cas d'alcoolisme en Corée du Nord, c'est le seul plaisir qui leur reste. Les habitants de Pyongyang sont toujours sur leurs gardes à la vue de militaires ou de responsables du régime dans les rues ou dans les restaurants, tandis que «les travailleurs vivent dans des conditions très dures et les agriculteurs sont dans une situation désespérée». Dans les usines, la méthode du stakhanovisme est utilisée afin de pousser les ouvriers à produire encore plus. Malgré ces conditions de vie impossibles, les citadins comme les campagnards vouent un culte incommensurable à leur dictateur. Dans toutes les maisons, écoles, usines, bureaux, on trouve un portrait de Kim Il-sung, créateur du parti juche et président à vie de la Corée du Nord et de Kim Jong-un l’actuel dictateur. S’ajoute à ça une obligation au culte, tous les matins dans les écoles et les usines, des rassemblements sur fond de musiques patriotiques sont organisés pour bien commencer la journée.

   A droite, image satellitaire de la Corée la nuit. On voit que la Corée du Nord n'est pas éclairée, prouvant le fait que les habitants n'ont pas d'électricité la nuit.

 

 

Photo d un camps de concentration nord coreen    Si malgré tous ces moyens de dissuasion, des personnes devaient désobéir, le dictateur possède un large système de répression mis en place par Kim Il-sung il y a soixante ans tels que les camps de travaux forcés ou bien même l’exécution. D’après Amnesty International plus de cent vingt mille prisonniers languissent dans le réseau de camps pour prisonniers politiques. Retenus dans des conditions proches de l’esclavage, ils sont fréquemment soumis à la torture et à d'autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Les prisonniers consacrent de longues heures à des tâches manuelles ardues et souvent inutiles.

   Ci-dessus, image de Google Earth d'un camp de travail.